Jean-Noël Tronc, né le 25 décembre 1967 à Paris, est un chef d’entreprise français. Il dirige la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) depuis juin 2012.

BIOGRAPHIE

Il est le fils de Jeannine de Montgolfier, enseignante en patristique, puis aux Cours de Civilisation Française de la Sorbonne et auteure de plusieurs ouvrages, dont une traduction en français de psaumes de Saint Ambroise de Milan, maître spirituel de Saint Augustin, et de Dominique Tronc, ingénieur en physique nucléaire mais également spécialiste des mystiques des XVIIème et XVIIIème siècle et particulièrement de Jeanne Guyon, maître spirituel de Fénélon et embastillée à l’occasion de la persécution de Port Royal et du mouvement quiétiste par Louis XIV, et auteur d’une vingtaine d’ouvrages d’érudition.

Il est diplômé de l’ESSEC et de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Durant ses études, il a été assistant parlementaire du secrétaire national du Parti Socialiste pour les affaires européennes, également vice-président de l’Internationale Socialiste, Gérard Fuchs (1987-1988). Il a ensuite travaillé pour le Parlement européen sur l’union économique et monétaire, lors de l’élaboration du traité de Maastricht et de l’adoption de l’euro, et à l’Assemblée Nationale, dans les domaines de la politique industrielle et de la défense (1989-1992).

 

CARRIERE 

Andersen Consulting

Il commence sa carrière chez Andersen Consulting (1993-1995) où il participe à des missions de conseil et de mise en place de systèmes d’information pour des opérateurs de télécommunications, en particulier US West, AT&T, Motorola (projet de constellation de satellites Iridium), France Télécom Réseaux et Services Internationaux, France Telecom Mobile et Inmarsat.

Commissariat général du Plan

Chargé de mission au commissariat général du plan (Conseil d’Analyse Stratégique) de 1995 à 1997, il est rapporteur du rapport au Premier ministre sur l’ouverture à la concurrence et la régulation des principaux services publics en réseaux (transport, énergie, télécommunications, poste), rapport élaboré, sous la présidence du vice-président du Conseil d’Etat, Renaud Denoix de Saint Marc.

Il participe ensuite à l’élaboration de la loi de juillet 1996 sur la régulation des télécommunications qui créé le régulateur français du secteur (ART, devenu ARCEP) à partir des préconisations du rapport Denoix de Saint Marc.
Il est ensuite rapporteur général du rapport sur les réseaux de la société de l’information de 1996, sous la présidence de Thierry Miléo qui, après le rapport Breton sur les téléservices de 1994 et le rapport sur les autoroutes de l’information, de Gérard Théry, ancien Président de France Télécom, plaide pour une ouverture à la concurrence des secteurs des télécommunications et, pour la première fois, pour une politique active de soutien au développement d’internet en France.
Il a également coordonné les premiers groupes de travail sur la mise en ligne des services de l’administration aux particuliers et aux entreprises sur internet. Il définit ainsi fin 1996, la charte de nommage des sites internet de l’Etat et invente le .gouv.fr. Il participe comme rapporteur aux rapports de Antoine Beaussant, puis Isabelle Falque Pierrotin, future présidente de la CNIL, sur la régulation d’internet.

De cette époque date sa proximité avec les personnalités du premier internet français comme les militants des rencontres d’Autrans de l’Internet Society, qui en fera en 1998 son Guest Speaker lors de la conférence mondiale de l’ISOC à Washington, Jean-François Abramatic, longtemps président mondial du World Wide Web Consortium, mais aussi avec Vinton Cerf, souvent décrit comme l’un des inventeurs de l’internet, comme président du groupe qui définit en 1973 le protocole internet, le fameux TCP/IP. Au sein de l’Etat, il fait partie de l’équipe qui, avec  Jean-Paul Baquiast, avec le fondateur d’Adminet, ou encore Laurent Sorbier, à l’époque conseiller internet de François Fillon, secrétaire d’Etat aux télécommunications, poussent l’internet contre une technostructure hostile.

Conseiller du Premier Ministre

De 1997 à 2002, il est nommé conseiller pour les technologies et la société de l’information du premier Ministre Lionel Jospin.

Il met en œuvre de la politique gouvernementale pour l’internet, en particulier dans les domaines de l’éducation, de l’administration électronique, du soutien à l’innovation et au commerce électronique, de la régulation et de la lutte contre la cyber-criminalité.

Quand il arrive à Matignon, fin juin 1997, avec la nouvelle équipe, il découvre que les services du premier ministre n’ont pas de réseau informatique et convainc durant l’été le Secrétaire Général du Gouvernement de profiter des tranchées creusées dans le jardin de Matignon pour y installer l’arrosage automatique pour câbler les différents bâtiments qui hébergent le cabinet du Premier ministre.

Fin août 1997, après une présentation au Premier ministre de la première expérience de web TV, à travers une application de LCI qui lui permet de retransmettre en direct les images de Jean-Paul II au Champ de Mars pour les JMJ, il élabore pour le Premier ministre le discours d’Hourtin, resté, avec celui de Villepinte sur la sécurité, comme l’un des discours essentiels des cinq ans de Lionel Jospin à Matignon. Baptisé « l’Entrée de la France dans la Société de l’Information », il lance la politique française pour l’internet comme un programme gouvernemental complet et transversal.
Bénéficiant de la confiance de Lionel Jospin, qui lui accorde une grand marge de manœuvre, de l’appui d’Olivier Schrameck, alors directeur de cabinet du Premier ministre, qui demande dès août 1997 à chaque ministre de nommer un conseiller correspondant pour la société de l’information, il met en place une méthode interministérielle atypique, impliquant l’ensemble des cabinets et des administrations à travers la déclinaison du PAGSI, programme gouvernemental pour la société de l’information, dans chaque ministère. De nombreuses administrations et collectivités locales se dotent à leur tour d’un plan d’action pour la société de l’information, ainsi que des établissements publics comme Météo France ou l’Institut Géographique National.

Les Comités interministériels pour la société de l’information, CISI, sont l’occasion de réunir les ministres autour de Lionel Jospin. Il s’appuie de manière transpartisane sur  des parlementaires de gauche, qu’il réunit régulièrement à Matignon pour des petits déjeuners du « réseau PAGSI », mais aussi de droite, acquis aux nouvelles technologies, comme les sénateurs Tregouët ou Pierre Laffitte, fondateur de Sophia Antipolis, le député RPR Patrice Martin-Lalande ou le député-maire d’Issy les Moulineaux André Santini.

Il porte alors un grand nombre de décisions publiques dans tous les domaines : connexion des écoles à internet, création du Brevet Informatique et Internet en fin de primaire, lancement de la Fête de l’internet, diffusion gratuite du J.O. avec le lancement de legifrance.gouv.fr, l’une des principales bases de données gratuites du droit dans le monde, et lancement du portail de l’administration servicepublic.fr qu’il conçoit en associant militants de l’internet associatif et administrations. Création des espaces publics numériques, soutien au entreprises innovantes avec l’invention des BSPCE, bons de souscription de parts de créateurs d’entreprises, les « stock-options » réservées aux start-up, développement de l’internet à haut débit, à travers la décision de 1999 sur le dégroupage de la boucle locale de France Télécom, qui favorise l’émergence des nouveaux fournisseurs d’accès à internet comme Free, la loi sur la signature électronique, la création de l’intranet gouvernemental et de l’Agence interministérielle pour les technologies de l’information, et de la DCSSI (direction centrale de la sécurité des systèmes d’information), création de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité aux Technologies de l’Information, libéralisation de l’usage de la cryptologie en France avec comme corollaire le renforcement des moyens informatiques de lutte contre la cybercriminalité pour les services de renseignement et la création du plan Piranet, diffusion gratuite des données publiques essentielles avec notamment le lancement de Gallica, portail internet de la Bibliothèque nationale.

Il passe commande de nombreux rapports pour nourrir les décisions publiques : rapport sur l’administration électronique de Bruno Lasserre (Président Conseil d’Etat puis Président de l’autorité de la concurrence), sur le livre électronique et le numérique à Roger Chartier Historien, sur les standards à Jean-François Abramatic (informaticien), sur la cryptologie à Jacques Stern, la culture et internet à Patrick Bloche, ou encore la régulation de l’internet  à Christian Paul.

A Matignon, il reçoit tous les acteurs de l’internet, y compris les moins conventionnels, comme Valentin Lacambre, animateur du très contesté Altern, ou les icônes de la communauté geek mondiale comme Richard Stallman, militant du logiciel libre et fondateur de la Free Software Association, ou Jonathan Postel, créateur et administrateur durant 30 ans, jusqu’à sa mort en 1998, de l’IANA (Internet Assigning Name and Authory), ancêtre de l’ICANN, qui administre les noms de domaine internet pour le monde entier.

Sur certains points, notamment l’indépendance des administrations, il se heurte au puissant lobbying de Microsoft, notamment lors de la venue de Bill Gates à Paris, où il s’oppose à une rencontre avec Lionel Jospin, le PDG de Microsoft devant se contenter d’une conférence de presse commune avec le ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, Dominique Strauss-Kahn.

A partir des rapports et des consultations menées, il fait créer le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA) qui existe toujours, pour favoriser le dialogue entre secteur culturel et ayants droit, représentants de l’Etat, et acteurs du numérique. Il fait également créer le Forum des Droits de l’Internet, à laquelle, avec le député Christian Paul, il fait nommer comme présidente Isabelle Falque Pierrotin. Il est également à l’origine de la création du Conseil Stratégique des Technologies de l’Information, sur le modèle du PITAC américain (Presidential Information Technologies Advisory Committee). Autour du Premier ministre français sont ainsi réunis dirigeants de grands centres de recherche, comme l’INRIA, et de grandes entreprises numériques comme Thomson (Thierry Breton), Alcaltel (Serge Tchuruk) ou encore Bernard Charlès, PDG de Dassault System.

En 1999 le Journal du Net en fait la personnalité internet de l’année.

Lancé fin 2000, le projet de loi sur la société de l’information, dont le processus d’élaboration connaît de nombreux retards par un alourdissement progressif du nombre d’articles ajoutés par les différents ministères, et qui contient des mesures contestées comme sur la conservation des données de connexion des internautes, n’aboutit pas, même si les attentats du 11 septembre conduisent à faire reconnaître finalement la nécessité de renforcer les moyens de la justice et des services de sécurité dans ce domaine.
Au plan international, il a joué un rôle actif dans la création de l’ICANN, autorité mondiale de gestion des adresses internet et il coordonne les positions françaises pour la directive européenne de 2000 sur le commerce électronique. Il accompagne le Premier ministre dans plusieurs voyages officiels, comme la rencontre Jospin-Clinton en 2000 à la Maison Blanche et est ainsi le négociateur de la déclaration franco-américaine de 2000 sur la Société de l’Information avec son homologue Ira Magaziner, conseiller du vice-président américain Al Gore, inventeur du concept d’Autoroutes de l’Information (information superhighway).

A la même époque, il participe avec plusieurs personnalités, à la création de TemPS Réel, section virtuelle du Parti Socialiste.

Groupe France Télécom – Orange

De 2002 à 2007, il rejoint le Groupe France Télécom où il est successivement directeur de la stratégie et de la marque, président du conseil d’administration d’Orange Réunion, seule activité du groupe France Télécom sur le territoire français à être en position de challenger face au leader local, SFR, directeur marketing mobile, directeur général d’Orange France, et conseiller spécial du Président Directeur Général de France Télécom.
Il a également été administrateur de l’Association Française des Opérateurs Mobiles et Président du GIE sur l’introduction de la portabilité des numéros mobiles.

Dans ses fonctions successives, il a été impliqué dans le renouvellement de la licence GSM d’Orange France, le lancement des réseaux mobiles à haut débit, Edge et 3G, dans l’introduction des opérateurs virtuels (MVNO), dans le passage à la marque Orange de toutes les activités de France Télécom en France, dans les expérimentations de télévision mobile (DVB-H) et de paiement par mobile (NFC), dans la création des services Orange Care (santé et sécurité) et dans le lancement des offres de Wifi grand public, de PC mobiles et de l’iPhone en 2007.

Canal Plus

De 2008 à 2010, il a été PDG de Canal+Overseas, filiale du Groupe Canal Plus en charge des activités de télévision payante à l’international (Afrique francophone, Pologne, Vietnam) et dans l’Outre-mer (Antilles-Guyane, Réunion-Mayotte, Maurice, Nouvelle Calédonie).

Canal+ Overseas exerce tous les métiers d’un opérateur de télévision payante : édition de chaînes, production de programmes, acquisition de droits, commercialisation d’abonnements et gestion de bases d’abonnés, exploitation de points de vente et de centres d’appels, gestion de capacités satellitaires.

Dans ces développements, il a notamment lancé l’activité du groupe au Vietnam, avec la négociation d’un accord avec la télévision nationale vietnamienne, VTV,  la création d’une activité de télévision payante sous la marque nouvelle de K+, comptant plusieurs centaines de milliers d’abonnés, l’ouverture d’un réseau de boutiques à travers le Vietnam et d’un centre de diffusion à Hanoï créé de nouvelles chaînes de télévision. Il a également acquis des droits sportifs pour la région.

En 2010, il est le seul patron occidental invité au sommet des présidents de télévisions payantes d’Asie du Sud-Est et du Pacifique, réuni en Indonésie, en tant que Président de K+ et de Canal+ Nouvelle Calédonie qui compte également des abonnés en Australie.

Il  développe les activités africaines de Canal + et procède à l’acquisition des activités de télévision payante francophone du groupe de média sud-africain Naspers (Multichoice). En 2009, l’acquisition du nouvel acteur continental africain de télévision payante, anglophone et lusophone GTV, qui pourrait faire de Canal + le premier groupe audiovisuel d’Afrique, échoue à quelques jours du closing, comme le révèle le journal Le Figaro.

Il a conduit la transformation du groupe en Afrique, multipliant par 10 le nombre d’abonnés, transformant le marketing par le lancement de cartes prépayées et de bouquets low cost, créant des filiales au Cameroun, au Gabon, à Madagascar, développant les programmes africains, avec l’ajout au bouquet de nombreuses chaînes africaines, l’achat de programmes et de séries TV nigérianes et sud-africaines comme Jacob’s Cross, et notamment avec le lancement de l’émission + d’Afrique, devenu la référence francophone sur le continent, pour laquelle il retient l’équipe animé par Robert Brazza. Il pousse notamment à une prise de conscience au sein de l’UEMO et de la CEMAC sur les méfaits du piratage pour l’industrie africaine audiovisuelle et rencontre à ce sujet le président camerounais Paul Biya lors d’un séjour de celui-ci à Paris. A l’époque, son projet de créer une chaîne spécifique pour l’Afrique n’est pas retenu par le Groupe, mais réapparaît finalement fin 2014 sous le nom A+.

Consultant indépendant

De 2010 à 2011, il a été consultant indépendant et intervient principalement dans les secteurs des télécommunications, des médias et des technologies de l’information.

Directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique

En novembre 2011, le Conseil d’administration de la Sacem le choisit pour succéder à Bernard Miyet. Il prend ses fonctions le 20 juin 2012 lors de l’Assemblée générale annuelle de la Sacem.

Il est administrateur de la CISAC (Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et de Compositeurs), vice président du Gesac  (Groupement Européen des sociétés d’auteurs et compositeurs) et de la Coalition pour la diversité culturelle.

AUTRES ACTIVITES

Membre du conseil de la Fondation Médecins Sans Frontières.

Administrateur du théâtre du Chatelet.

Administrateur des Rencontres Photographiques d’Arles.

Il a été membre du Conseil Scientifique de l’Enseignement Scolaire, présidé par Edgard Morin, de 2008 à 2012

Co-fondateur de nonfiction, le portail des livres et des idées, lancé en 2007 sur le modèle de la New York Review of Books, à l’initiative du journaliste et chercheur Frédéric Martel, et qui compte plus de 800 contributeurs réguliers, experts, universitaires, journalistes.

En 2000 il est sélectionné par la French American Foundation et intègre le programme des Young Leaders, pour une promotion dans laquelle il retrouve d’autres Français comme Henri de Castries, futur PDG de Axa, Patricia Barbizet Directrice générale d’Artemis ou encore les journalistes Emmanuel Chain et Laurent Joffrin de Libération

Membre de la commission pour la libération de la croissance française, créée par le Président de la République Nicolas Sarkozy, sous la présidence de Jacques Attali, en 2007-2008 et est notamment à l’origine de la proposition de suppression des départements.

Membre de la CADA (commission d’accès aux documents administratifs), en tant que personnalité qualifiée pour le numérique, nommé par le Premier ministre.

Il a enseigné sur la société de l’information, les technologies de l’information et l’histoire des technologies et de leur impact social et politique, ainsi que sur l’administration électronique à HEC, à Sciences Po et à l’ENA.

Fontateur et président de France Créative

Il est à l’initiative en 2013 du rassemblement des industries culturelles et créatives autour du mouvement France Créative avec la parution d’un panorama national réalisé par EY.

France Créative a été créée en 2013 sur un constat matérialisé par le rapport d’EY « Panorama des industries culturelles et créatives en France » : la culture est aujourd’hui un moteur économique pour la France. La culture pèse plus que l’automobile ou le luxe. La culture représente plus d’1,4 million d’emplois non délocalisables et 84 milliards d’euros de retombées économiques directes et indirectes.

France Créative a été précurseur pour le rassemblement des acteurs de la culture et de la création. En décembre 2014, les acteurs européens de la culture structurés autour du GESAC publiaient le premier panorama européen. Un an plus tard, à l’initiative de la CISAC, était publié le premier rapport mondial. Dans d’autres pays, des initiatives nationales naissent comme « Italia Creativa » début 2017.

France Créative s’est structurée en association début 2017 dans l’optique de peser pus sur le débat national et d’apporter des propositions dans le cadre des élections présidentielles. Ces propositions ont été présentées lors du grand dîner du 6 mars en présence de plus de 100 artistes, dirigeants, journalistes et représentants des candidats.