Plaidoyer pour la souveraineté européenne

La culture comme meilleur remède à la crise européenne, telle est la thèse de ce livre qui paraît aujourd’hui aux Éditions du Seuil et dont vous trouverez ci-dessous l’introduction et la table des matières.

Au moment où le projet de directive européenne sur le droit d’auteur approche d’un vote final, la semaine du 25 mars, et qu’une campagne violente s’est déclenchée en Allemagne qui pourrait le faire échouer, il faut plus que jamais le rappeler : l’Europe, qui a perdu en partie sa souveraineté numérique, peut encore gagner la bataille de la création et du rayonnement de ses industries culturelles. Mais, à une condition : repenser la façon dont l’Union pense la culture. Non pas en « supplément d’âme » ou en sujet technocratique, mais, tout simplement, le seul chemin qui peut conduire au redressement européen.

L’Union doit se battre pour ses industries culturelles et « et surtout pour l’ambition culturelle la plus haute, pour la meilleure protection possible de tout ce qui fait son identité, c’est-à-dire pour sa diversité culturelle, en particulier le modèle du droit d’auteur européen et de sa gestion collective. »

« Cela passe par des actions protectrices assumées, par une régulation renforcée qui préserve le cadre spécifique à l’Europe et impose, en même temps que les principes d’une diversité culturelle ambitieuse, un juste partage de la valeur aux géants du numériques. »

Pour cela, les forces européennes de la culture doivent se rassembler et travailler ensemble, avec les acteurs européens du numérique.

Pour les cinq prochaines années, la vraie question que devraient se poser les fonctionnaires de la Commission est de savoir comment passer de 7 à 10 millions d’emplois européens dans la culture et les industries de la création en renforçant du même coup le rayonnement de l’Europe.

Au-delà de la place centrale des ICC, et du rôle des secteurs culturels, la question de l’identité culturelle de l’Europe doit être enfin traitée.

Unie dans la diversité, selon la devise de l’Union, cette identité est faite d’une intense diversité culturelle qui se déploie d’un bout à l’autre du continent. Sans chauvinisme ni angélisme, l’Union européenne doit se réarmer sur le plan culturel, et défendre l’identité de l’Europe.

La Communauté européenne, puis l’Union, ont été bâties sur la conviction que le projet de paix exige le sacrifice des identités nationales au profit de valeurs universelles. Au contraire, le projet de puissance qu’il faut à l’Europe, seul à même de la sauver de la crise qui la ronge, suppose de développer une identité européenne et d’assumer son histoire et sa grandeur.

Aux Européens de reprendre l’aventure commune, en se donnant l’ambition de bâtir, en une génération, une opinion publique et des élites européennes, à travers la reconnaissance de l’identité commune de l’Europe.

Le Parlement Européen issu des élections de mai 2019 aura à accompagner le programme de la future Commission européenne. On a voulu ici faire quelques propositions simples.

Sénèque a écrit, « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. ».

Aucune des propositions contenues en fin de ce livre n’est très compliquée à mettre en œuvre. »